Apprentie maman

Le blog d'une nouvelle maman
mai 16

Gérer mes attentes

Je m’étais dit que je ne m’en ferais pas trop pour les essais du deuxième bébé. Je me disais qu’il viendrait quand il serait prêt et que de toute façon, je n’étais pas pressée. Ce n’est pas faux. Par contre, il y a quand même des limites à laisser la nature aller, alors j’ai quand même calculé précisément le jour de mon ovulation pour être sûre de mettre toutes les chances de mon côté. J’avais calculé que mes règles devaient se pointer un mardi. Jusqu’à ce mardi en question je ne m’en faisais pas du tout, en fait, j’étais convaincue que ça n’avait pas fonctionné, je ne me suis même pas privée de boire de l’alcool en quantité raisonnable. J’irais même jusqu’à dire que j’éprouvais un certain détachement au point de me demander si j’allais être vraiment contente si le test s’avérait positif. Le mardi en question est arrivé et mes règles ne sont pas venues. Je me suis dit que j’avais probablement mal calculé, mais j’étais pourtant sûre de mon coup. Le mercredi, je me suis mise à y penser beaucoup et le jeudi j’avais perdu le contrôle. Je m’imaginais enceinte, j’étais excitée, j’avais hâte de faire un test, je visualisais déjà quand et comment j’allais l’annoncer. Je n’avais plus le détachement que j’avais quelques jours auparavant, j’espérais profondément être enceinte. Vendredi matin, je fais un test de grossesse, je pensais qu’il avait des chances d’être positif dû au retard, même si tous les autres signes infirmaient mon hypothèse. J’ai quand même fait le test, et j’ai tenu cette fois à ce que mon homme soit là pour la lecture du résultat, je voulais qu’on l’apprenne en même temps, au cas où! Finalement, le test était négatif. J’ai senti une grande déception et en même temps un soulagement, car j’ai réalisé que j’étais bel et bien prête à avoir un autre bébé. Même si en début de semaine je me demandais si je serais contente, je pense que c’était plutôt un moyen de défense pour ne pas me faire d’attentes.

Donc voilà, même si je disais avoir peu d’espoir que ça fonctionne dès le premier mois, j’avais quand même des attentes. Mais maintenant que mes règles sont arrivées, je réalise que j’ai complètement loupé mon ovulation, donc impossible que je tombe enceinte ce mois-ci. Je me rassure en me disant que mon homme était malade ce mois-ci et probablement que si ça avait marché, ça aurait peut-être engendré une fausse couche. On se raconte vraiment n’importe quoi pour se soulager!!!

À présent, je ne le cache ni à vous ni à moi, étant donné qu’on a eu la petite après deux mois, je suis super optimiste pour ce cycle-ci. D’autant plus que mon homme et moi, on est pas très persévérant et l’envie d’un deuxième est plus forte que tout, donc je crois bien qu’on laisse déjà tomber notre plan de « contrôler le hasard ». Par contre, je pense qu’on peut oublier mon attitude zen...

mai 13

Je suis une bonne maman

Je suis convaincue au plus profond de moi-même d’être une bonne maman. Et ce, depuis la naissance de la petite. Je n’ai jamais douté un seul moment de mes capacités, je sais que j’ai toujours fait les bons choix selon le meilleur de mes connaissances. Même si je peux parfois paraître douter de mon rôle de mère dans certains billets, je sais que la petite est entre bonnes mains et je sais que je prendrai les bonnes décisions. Je pense que de se questionner fait partie de la définition même du rôle de maman et c’est ainsi qu’on apprend à faire les bons choix. Chaque jour, je pense que la petite est chanceuse de nous avoir comme parents, qu’elle a un beau cocon rempli d’amour et une belle maison dans laquelle elle se sent en sécurité.

Aujourd’hui, c’était la fête des Mères et je pense que j’ai le mérite d’être fêtée. Je mérite d’être fêtée parce qu’être une maman est un rôle que l’on remplit chaque seconde de notre vie. C’est un rôle qui empiète sur tous nos autres rôles. Au bureau par exemple, quand je sors mon téléphone pour regarder une de la petite. Dans la salle de réunion la semaine passée, j’ai vu une petite bille par terre et la première chose qui m’est passée en tête c’est « Ah mon Dieu! Une bille PAR TERRE! ». Dans le train en revenant le soir, quand mon cœur palpite en me disant que le train ne roule pas assez vite, à la lumière rouge qui me retarde de deux minutes mes retrouvailles. En visite chez une amie quand je pense que son père est en train de la coucher et que je ne la verrai pas avant le lendemain matin.

Je mérite d’être fêtée parce que j’ai toujours l’oreille tendue, parce que j’arrête mes repas en plein milieu de mon assiette pour répondre à ses besoins, parce que chaque fois que je passe devant une boutique pour enfant je veux rentrer pour voir s’il n’y aurait pas quelque chose pour la petite, parce que des fois je me rends compte que je n’ai pas pris le petit-déjeuner, car j’étais trop occupée à préparer la petite pour le départ du matin, parce que chaque fois que je sors de la maison je fais mentalement le décompte de toutes les choses que j’ai dans mon sac pour m’assurer que j’ai tout ce qu’il faut, parce que quand on est un gros groupe et qu’il y a un bruit fort et soudain, mon regard se pose automatiquement, et à l’intérieur de la même seconde, sur la petite pour être sûre qu’elle n’a pas eu peur, parce que j’ai toujours une collation pour elle sur moi, parce qu’en auto ou en poussette, je vérifie toujours qu’elle n’ait pas le soleil dans les yeux.

Parce que même lorsque mon homme prend la relève, à ma demande, je le suis dans la chambre de la petite quand il va faire un changement de couches juste pour continuer à regarder la petite. Parce qu’au même moment où je demande à mon homme qu’il lui donne le biberon du soir, je ressens un regret parce que ce n’est pas moi qui aura le privilège de la voir s’assoupir dans mes bras. Parce que le matin, même si c’est mon homme qui se lève pour s’occuper de la petite pour me laisser faire la grâce matinée, je ne dors pas une minute de plus car j’entends tous les sons qu’elle fait et j’analyse dans ma tête ce qu’elle doit être entrain de faire. Parce que je prends sur moi, parce que je m’assure du bien-être de la petite ET de mon homme. Parce que c’est moi qui a des milliers de choses dans la tête, c’est moi qui nettoie son linge, c’est moi qui lave son lit, c’est moi qui lui donne son bain, c’est moi qui la fait déjeuner, souper, c’est moi qui me soucis de ses vêtements rendus trop petits, c’est moi qui achète ce qui manque, c’est moi qui m’inquiète pour quels cadeaux on lui offrira pour sa fête. Parce que mon homme se fie sur moi sur des centaines de choses et des milliers d’autres choses dont il n’a même pas conscience. Parce qu’être maman, c’est le rôle le plus exigent, mais le plus beau qu’il soit. Parce que des fois ça m’essouffle, mais je suis fière de moi.

Bonne fête des Mères à vous toutes!

mai 09

Contrôler le hasard

L’idée du blog n’est pas de dépeindre une vie parfaite et heureuse, mais plutôt une vie réaliste, avec ses joies, mais aussi ses doutes et ses absurdités. Parfois je pense à des sujets dont j’aimerais vous parler et je n’ose pas. Je me dis que depuis le temps, vous me connaissez, qu’est-ce que vous allez penser de moi si je vous parle de ça! Mais je suis restée anonyme pour une raison, celle de pouvoir raconter n’importe quoi. Donc voilà, c’est dit. Je continue!

Je ne vous le cache pas. Mon homme et moi, on voudrait un garçon. Lui parce qu’il serait en terrain connu, parce qu’il a plus envie d’acheter un hélicoptère électrique qu’une voiture de Barbie, parce qu’il a peur pour son porte-monnaie avec une fille. Moi, parce que je veux connaitre la différence d’élever deux enfants de sexe différents, parce que c’est un terrain inconnu, parce que la relation mère-fils est différente, parce que j’aurai l’impression d’avoir manqué quelque chose dans ma vie si je n’ai pas la chance d’avoir un garçon et parce que j’ai bien plus de chances d’en avoir un 3eme si le 2eme est un garçon!

Ceci étant dit, il y a une panoplie de mythes concernant les façons d’influencer la procréation d’un sexe plus qu’un autre. Nous nous sommes donc levés avant l’aube et nous avons sacrifié un écureuil du côté nord d’un lac de moins d’un km, et ce, à l’heure exacte du lever du soleil un samedi…. mais non quand même, on s’est retenu. Il y a plusieurs mythes farfelus, par exemple, les Grecs avaient des rapports par temps sec, par vent du nord ou par nuit de pleine lune pour avoir un garçon. Pour mettre toutes les chances de leurs côtés, les hommes gardaient leurs bottes au lit et se saoulaient tout en prenant soin de mordre l’oreille droite de leur épouse. Autre mythe, faire l’amour la nuit des jours impairs pour faire un garçon. À l’inverse, faire l’amour l’après-midi des jours pairs pour avoir une fille, logique! Faire l’amour debout ou en levrette pour avoir un garçon (le missionnaire engendre des filles, tout le monde le sait)

D’autres mythes sont basés sur des études scientifiques douteuses ou pas. Pour avoir un garçon, la mère doit avoir un régime salé et dépourvu de potassium, et ce, au moins un mois et demi avant la conception. Elle doit aussi avoir un orgasme lors de la relation sexuelle engendrant le bébé.

Je suis une fille très scientifique, alors tous ces mythes, je m’en balance. Par contre, je sais que les spermatozoïdes Y, ceux qui engendrent les garçons, vivent moins longtemps que les X une fois qu’ils ont été relâchés. Donc théoriquement, si nous faisons l’amour quelques jours avant l’ovulation, les chances sont plus élevées que ce soit un spermatozoïde X qui trouve l’ovule. Je trouve cela logique. Avec ceci en tête, nous avons donc banni les relations les jours précédents le jour J. Ça nous laisse moins de chances par mois de concevoir, mais comme je ne suis pas pressée et que de toute façon, il ne suffit que d’une fois, je me suis dit que ça valait le coup d’essayer. À suivre… bientôt ou pas!

mai 07

Ce qu'on ne m'avait pas dit avant d'accoucher

Lors de ma grossesse, j’ai beaucoup lu, mais malgré tout, j’ai eu quelques surprises pendant et après mon accouchement auxquelles je ne m’attendais pas. Et comme c’est cette semaine que je fête le 1er anniversaire du début de ma vie de maman, je repense à ce moment d’une immense importance et j’ai pensé vous faire le récapitulatif de mes surprises ici.

Je ne savais pas que :

  • Je rirais entre deux poussées
  • Je dirais à l’infirmière que j’aime ça quand elle me dit des choses comme « Pousse! Encore plus fort! C’est parfait tu pousses bien! Encore quelques secondes! Go! Go! Go! » J’étais concentrée uniquement sur ses paroles et sans elle, je pense que je n’aurai pas réussi à pousser ainsi pendant 50 minutes
  • Après l’accouchement, j’aurais peur d’aller faire pipi
  • Pendant une demi-journée, il faudrait que je fasse pipi dans un pot (installé dans la toilette) pour que les infirmières regardent la quantité de sang dans l’urine
  • Je me promènerai dans la chambre avec une serviette de bain entre les jambes (que je tenais moi-même) sur lequel étaient apposées deux serviettes sanitaires, d’un chic total
  • J’allaiterais 10 heures par jour
  • J’aurais les seins à l’air quand la femme ou l’homme de ménage passait et ça ne me dérangerait pas
  • Je me ferais extraire du lait de mes seins, manuellement, par les mains des infirmières
  • Mes hormones seraient tellement déréglées que je prendrais deux douches par jour pour me nettoyer.
  • J’aurai extrêmement soif
  • Le cadeau qui me ferait le plus plaisir à l’hôpital serait une boite de biscuits
  • Je serai incapable de faire un rot au bébé (alors qu’à la seconde que je l’a donnait aux infirmières, elle en faisait un)
  • Je montrerais le premier caca de la petite à mon homme
  • Je pleurerais de voir mon bébé pleurer

Et pour finir, je ne me doutais surtout pas, qu’un mois après mon accouchement, je me poserai des questions à savoir si je suis contente d’avoir pris l’épidurale, alors qu’elle avait été reçue comme une bénédiction le jour de mon accouchement. Quand les gens me diraient, « la douleur est comparable à celle d’un accouchement », je ne pensais pas que je me sentirais nulle parce que moi mon accouchement je l’ai bien vécu, alors je n’ai aucun point de repère dans cette comparaison. Pendant un moment, j’ai vraiment senti une déception de savoir que je n’ai pas ressenti ce qu’est la douleur d’un « vrai » accouchement. J’en ai parlé à mon homme et il a réussi à me convaincre que c’était une préoccupation inutile. Et surtout imbécile, car quand j’entends une femme me dire que c’était comme si on lui avait rentré un couteau dedans, je ne vois pas pourquoi j’aurai voulu vivre ça. Un accouchement n’est pas plus réel selon le niveau de douleur, mais ça me fait tout de même drôle de me dire que je ne pourrais pas comparer les autres douleurs de ma vie à celle de l’accouchement et que je ne suis pas capable de partager ce sentiment avec une autre femme. En revanche, je me rappelle comment j’ai aimé mon accouchement que je n’ai pas eu besoin de refouler dans ma mémoire, comme j’aime le raconter et comme j’ai hâte d’en vivre un autre et je me dis que c’est nettement mieux ainsi!

mai 02

J'ai oublié

J’ai vu le bébé de 3 semaines d’une amie à moi cette semaine et je réalise à quel point on oublie. Je l’ai trouvé tellement petit, j’ai demandé 10 fois qu’elle me répète son poids pour prendre conscience qu’il n’était pas plus petit que la normale. J’ai oublié à quel point c’est petit, à quel point c’est fragile. J’ai oublié qu’ils font toutes sortes de bruits, qu’ils sont parfaits même en mini-format, qu’ils sont légers comme une plume, qu’ils sont mous, qu’ils sont chauds, qu’ils dorment tout le temps, qu’ils sont impatients lorsque vient le temps de boire, qu’ils ne bougent pas lorsqu’on les dépose quelque part. J’ai oublié la sensation de se faire prendre un doigt par un petit bébé. J’ai oublié qu’à leur vue, je mets les mains sur mon cœur tout en soupirant.

Qu’est-ce que je vais oublier encore? Sa démarche à quatre pattes, sa façon de prendre son biberon maladroitement, ses premiers éclats de rire, ses premiers pas comme une militaire? Oui je vais oublier tout ça, je vais m’en rappeler vaguement, mais pas aussi intensément. J’ai même oublié mon accouchement, le moment le plus intense de ma vie, celui où j’ai littéralement senti les émotions dans mon corps exploser. Après une telle expérience, je me disais que jamais je ne pourrais oublier le feeling. J’écoutais parfois des vidéos d’accouchement sur le web et je finissais en pleurant et en ressentant réellement une partie des émotions que j’avais vécues lors de mon accouchement. Ce n’est plus le cas, je ne suis plus capable de retrouver le même état, même en lisant mon propre récit d’accouchement que j’avais écrit en pleurant toutes les larmes de mon corps. Même si les moments restent gravés dans nos têtes, toute la dimension « émotion » ne reviendra pas. En repensant à ses premières fois, je ne ressentirai plus la même fierté.

En attendant d’oublier, je me régale quotidiennement de ses bras tendus vers moi, de ses petits sourires réservés (ou pas), de nos moments de tendresse avant le dodo, de la voir marcher presque seule derrière son trotteur. Je me dis que malgré nos oublis, au moins on continue de s’émerveiller!

Blog sélectionné par le magazine Parole de Mamans